« Mon aventure entrepreneuriale m’a finalement amené au product management. »
DotWorld : Salut Bernard ! Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter ?
Bernard : Hello ! Moi c’est Bernard, je suis Product Manager sur notre produit de File management.
Je suis basé en Belgique et j’ai rejoint DotWorld au printemps 2025.
Avant ça, j’ai co-fondé une startup en Espagne. J’y ai passé 7 ans. J’ai été tour à tour en charge du marketing, de l’expérience client, des RH… puis Product Manager. Ça fait beaucoup dit comme ça, mais j’y reviendrai !
« J’ai choisi une formation exigeante pour garder un maximum de portes ouvertes. »
DotWorld : On a cru comprendre que tu as eu l’occasion de toucher à beaucoup de choses dans ton parcours. Quelles études t’ont mené à cette trajectoire ?
Bernard : J’ai fait des études d’Ingénieur de gestion, une formation orientée business mais avec un niveau assez poussé en sciences et en mathématiques. En Belgique, c’est une filière reconnue, qui offre une vraie polyvalence et ouvre la porte à une multitude de secteurs.
Au-delà de la dimension exigeante, cette formation m’a surtout aidé à comprendre comment fonctionne notre économie et comment les entreprises émergent pour répondre à des besoins concrets. C’est ce qui m’a naturellement rapproché du monde entrepreneurial.
DotWorld : Et très vite, tu ajoutes une dimension internationale à tout ça. Pourquoi c’était important pour toi ?
Bernard : Je pense que ça vient en partie de mon grand-père, qui voyageait beaucoup pour son travail à une époque où c’était moins courant. Ses récits m’ont toujours fasciné, et je me suis dit très jeune : « Un jour, moi aussi je vivrai et travaillerai à l’étranger. »
Pendant mes études, j’ai pu concrétiser cette envie : un premier échange à Cordoue, un deuxième à Lima, puis un stage de six mois en Colombie auprès d’un entrepreneur belge. Je parlais espagnol, je voyais à quel point ça m’ouvrait des portes, et j’aimais vraiment travailler dans des environnements très différents.
« Je suis entré en stage… et j’ai fini cofondateur ! »
DotWorld : Comment passes-tu de là à une start-up en Espagne ?
Bernard : Pendant mon master, j’ai participé à un programme international d’une semaine en Espagne qui rassemblait 25 étudiant(e)s de toute l’Europe autour d’ateliers dédiés aux start-up.
Un des intervenants, Juan Castillo, venait de lancer GuruWalk, une plateforme de free walking tours. Il partageait son parcours entrepreneurial, sa vision du tourisme… et ça m’a tout de suite parlé.
Je l’ai rejoint en stage, et je suis finalement devenu cofondateur après ces six premiers mois dans l’entreprise.
DotWorld : Concrètement, tu arrives à quel moment dans l’histoire de GuruWalk ?
Bernard : J’arrive vraiment au tout début. Quand je rejoins l’équipe, il y a deux cofondateurs… et moi. Je deviens le 3e cofondateur : j’ai voix au chapitre sur toutes les décisions, je vois l’entreprise se construire depuis zéro, et je prends des responsabilités très transverses.
« La contrainte budgétaire t’apprend à prioriser pour de vrai. »
DotWorld : Qu’est-ce que tu découvres dans cet environnement de start-up ?
Bernard : D’abord, nous avions très peu d’argent au départ, donc la deadline financière était… très réelle. Ça m’a obligé à travailler de manière ultra pragmatique : maximiser la valeur, prioriser correctement, remettre nos idées en question en permanence.
On validait nos hypothèses très vite, on mesurait tout, et on restait ambitieux : l’objectif était de challenger des acteurs beaucoup plus gros que nous.
« Être généraliste m’a finalement conduit vers ma spécialisation : le produit.. »
DotWorld : Tu as occupé plusieurs rôles différents au sein de la start-up. Tu peux nous raconter ?
Bernard : Les transitions se faisaient en fonction des besoins liés à la croissance… et aussi de ma curiosité. En tant que jeune diplômé, je ne voulais pas me spécialiser trop vite. Je voulais comprendre une entreprise dans sa globalité.
Au début, la priorité, c’était la visibilité : j’ai donc commencé par un rôle très orienté SEO et marketing.
Après avoir atteint une certaine visibilité, il était devenu important de mieux comprendre la satisfaction des voyageur(se)s et comment leur offrir une expérience exceptionnelle. J’ai mis en place les premiers process pour récolter des avis, analyser les retours, affiner notre compréhension de l’expérience utilisateur.
Puis, à mesure que l’équipe grandissait (une quinzaine de personnes), les sujets de culture interne, de valeurs, de rituels et de recrutement sont devenus essentiels. J’ai alors pris en charge ces sujets RH.
Avec le temps, j’ai senti que je m’éloignais de la partie business qui me motivait le plus. C’est ce qui m’a poussé vers mon dernier rôle dans la boîte : Product Manager.
DotWorld : Et avec le recul, qu’est-ce que ces rôles t’ont apporté ?
Bernard : Beaucoup.
- Le marketing m’a appris la rigueur des hypothèses, du test-and-learn, et l’importance de la créativité.
- L’expérience utilisateur m’a donné une vraie empathie et une compréhension fine des besoins clients.
- Les RH m’ont fait prendre conscience de l’impact énorme de la culture d’entreprise.
Ces expériences ont nourri mon esprit entrepreneurial et ma vision de l’entreprise comme un système où tout est connecté.
« J’ai découvert le product management en travaillant avec le premier PM de la boîte. »
DotWorld : Comment arrives-tu concrètement au rôle de Product Manager ?
Bernard : Au départ, je ne savais même pas vraiment ce qu’était un PM. Pendant le Covid, on a recruté notre premier Product Manager. En travaillant avec lui, j’ai réalisé à quel point ce rôle me parlait.
J’ai commencé à me documenter, à lire des newsletters (Lenny, Teresa Torres,…), à lui poser des questions… et je me suis de plus en plus projeté dans ce métier. Ce qui m’a vraiment attiré, c’est que c’est un des rares rôles qui combine autant de dimensions différentes : comprendre en profondeur les besoins des utilisateur(ice)s, analyser des données, garder une vision business, collaborer avec des profils très variés et traduire tout ça en décisions concrètes !
Quand j’ai fait la transition, les feedbacks étaient encourageants, autant de lui que des développeurs. Ce n’était pas facile tous les jours, mais j’avais une vraie envie de progresser et un environnement porteur.
DotWorld : Tu as fini par faire un bootcamp spécialisé. Comment ça s’est passé ?
Bernard : À un moment, j’ai compris que le rôle de PM couvrait un champ très large et que j’avais besoin de poser une base solide. J’ai donc suivi un bootcamp de trois mois, TheHeroCamp, en Espagne.
Le bootcamp m’a apporté une vraie structure mentale : où concentrer mon énergie, comment prioriser. Et le fait d’avoir passé plusieurs années chez GuruWalk m’a beaucoup aidé : je pouvais relier chaque module, chaque concept, à des situations très concrètes que j’avais vécues dans la start-up.
« Chez DotWorld, j’ai trouvé une structure produit solide… sans perdre l’esprit start-up. »
DotWorld : Qu’est-ce qui t’a donné envie de rejoindre DotWorld ?
Bernard : D’abord, l’entreprise elle-même : une ambition forte, l’envie de révolutionner le monde du SaaS, notamment grâce à l’IA, et une culture basée sur l’autonomie, la confiance et des décisions éclairées par la data. J’y ai retrouvé l’esprit start-up, mais avec une structure produit beaucoup plus mature.
Ensuite, les produits : travailler sur un SaaS B2C jeune, encore en pleine construction, laisse énormément de place à l’innovation. C’était différent de ce que j’avais connu, tout en restant dans un univers qui me parle.
Le rôle aussi a beaucoup compté : un poste de Product Manager plutôt junior, avec la possibilité de collaborer avec plusieurs PM plus expérimenté(e)s et un Head of Product. C’était exactement ce que je cherchais pour continuer à apprendre et à progresser.
Et puis le processus de recrutement : humain, cohérent, transparent, assez rapide. Ça m’a mis en confiance dès le départ.
DotWorld : Tu étais encore en Espagne à ce moment-là. Le retour en Belgique a pesé dans la balance ?
Bernard : Oui, clairement. L’idée de revenir en Belgique me trottait dans la tête depuis un moment. Le fait que DotWorld puisse m’aider à m’y réinstaller facilement grâce au fonctionnement avec un employeur de référence (EOR), Deel, a vraiment pesé dans ma décision.
« Avant de retrouver un rôle plus global, j’ai envie de devenir un excellent PM. »
DotWorld : Quels étaient tes objectifs en arrivant chez DotWorld ?
Bernard : Mon objectif principal, c’était d’apporter de la valeur le plus vite possible : comprendre les besoins prioritaires côté produit, le business model, l’environnement concurrentiel, la vision long terme, les opportunités liées à l’IA…
En parallèle, je voulais m’approprier les bonnes pratiques produit de l’équipe, tout en gardant un regard critique pour questionner de manière constructive les décisions passées et présentes.
DotWorld : Et aujourd’hui, qu’est-ce qui te fait le plus progresser dans ton rôle ?
Bernard : Beaucoup de choses. DotWorld m’a notamment permis de suivre une formation en Growth Design sur la psychologie produit, ce qui est extrêmement utile pour mon métier.
J’apprends aussi énormément au contact de mes collègues :
- des aspects plus techniques avec les développeurs,
- une meilleure compréhension business avec David, Kamal et la squad Produit,
- des sujets de design avec Maeve.
Chaque projet – nouvelles features, système de paiement, API, tests A/B… – a ses particularités et m’aide à progresser.
DotWorld : Tu as déjà été très impliqué à un niveau C-level par le passé. Le fait d’être aujourd’hui “uniquement” PM IC ne te manque pas ?
Bernard : J’ai vraiment aimé gérer une équipe, assumer des responsabilités plus globales et me confronter à des problématiques complexes de gestion d’entreprise. Mais aujourd’hui, ce n’est pas mon focus.
Je sais que j’ai encore un long chemin à parcourir pour devenir un excellent Product Manager. Pour l’instant, je veux me concentrer là-dessus à 100 %. Un jour, peut-être, je reviendrai à un rôle plus global, mais ce sera avec un bagage plus solide.
Conclusion
Bernard : S’il y a un fil conducteur dans mon parcours, c’est mon adaptabilité dans la résolution de problèmes complexes et l’envie de maximiser l’impact pour l’entreprise. J’ai avancé en répondant aux besoins importants de la croissance d’une startup jusqu’à découvrir le product management, dans lequel j’ai vraiment trouvé ma voie.
Ce qui me drive maintenant, c’est de consolider mon expertise en product management, en continuant à m’appuyer sur le mindset et la polyvalence que j’ai développés au fil des années.