“Être entouré de dévs qui font de la veille, ça change tout.”
"Je suis développeur front mais également Designer advocate !"
DotWorld : Salut Geoffrey ! Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter rapidement ?
Geoffrey : Moi c’est Geoffrey, je suis développeur frontend senior chez DotWorld. Et comme on dit parfois, je suis aussi « Designer advocate » : à la base, j’ai une formation de designer, ce qui me permet de comprendre et défendre certaines problématiques design dans nos projets. Je travaille aujourd’hui dans la squad qui développe notre produit sur la verticale design.
DotWorld : Tu as commencé ta carrière en tant que designer. Comment as-tu fait la transition vers le développement frontend ?
Geoffrey : Oui, à la base, je suis designer. J’ai travaillé 13 ans dans une agence web où nous n'étions que cinq au début, avant que l'équipe ne s'agrandisse. Très vite, je me suis retrouvé à gérer toute la partie front : CSS, mise en page, intégration. À l’époque, le web était plus "brut" et exigeant en terme de compatibilité mais les balbutiements du responsive rendaient les choses vraiment excitantes.
En agence, on travaille pour des clients très variés. Il faut parfois défendre des choix d’ergonomie face à des demandes qui vont à l’encontre des standards du web. Je donnais souvent cette image : on peut faire un gâteau exactement à son goût, très sucré, très original… mais un site n’est pas fait pour une seule personne. Il doit pouvoir être compris et utilisé facilement par le plus grand nombre.
À force de devoir constamment ajuster des designs pour coller à des attentes peu cohérentes, je me suis rendu compte que ce qui me plaisait vraiment, c’était la partie logique, technique, la résolution de problèmes. Le code me stimulait davantage que la négociation esthétique. La transition vers un rôle frontend plus orienté développement s’est donc faite progressivement, presque naturellement.
"J'ai commencé l'informatique à 9 ans. "
DotWorld : On entend souvent parler de toi comme d’un expert frontend chez DotWorld. Tu te reconnais dans cette image ?
Geoffrey : Je pense que c’est surtout lié à l’expérience accumulée. J’ai commencé très jeune : mon père m’a inscrit à des cours d’informatique vers 9 ans, et j’ai créé mes premiers sites avant même le collège.
Je lisais un magazine qui s’appelait Hackerz Voice, très orienté cybersécurité. Ce n’était pas du tout destiné à des ados, mais ça me fascinait. Je créais des petits sites pour partager ce que j’apprenais, échanger, expérimenter.
J’ai aussi connu les débuts du web “à la main” : les tableaux HTML, les images découpées sous Photoshop pour simuler des arrondis, les problèmes de compatibilité entre navigateurs… Ce bagage technique me donne un recul précieux : il m’aide à simplifier des problèmes qui paraissent complexes, tout en nourrissant ma fascination pour les nouveautés. Cela me permet d'adopter les nouveaux outils non pas par effet de mode, mais pour les opportunités concrètes qu’ils offrent.
"Chez DotWorld, on fonctionne beaucoup par expérimentation."
DotWorld : Comment décrirais-tu la culture tech chez DotWorld, notamment autour de la veille et de l’IA ?
Geoffrey : Ce que j’apprécie particulièrement, c’est qu’il y a une vraie culture de la veille. Dans mes expériences précédentes, on était peu à suivre activement les évolutions ou à tester de nouvelles choses. Ici, au contraire, on est plusieurs à partager des ressources, des outils, des retours d’expérience. On a un canal Slack dédié où les échanges sont constants. C’est très stimulant, parce qu’on apprend en continu les uns des autres.
En ce moment, sans grande surprise, la veille tourne beaucoup autour de l’IA. Elle est bien intégrée dans nos pratiques, autant pour explorer que pour gagner en efficacité. On teste régulièrement de nouveaux outils et, par exemple, on utilise une IA en local pour retranscrire la voix en texte, ce qui facilite la rédaction de prompts.
On fonctionne beaucoup par expérimentation : on teste, on ajuste, on garde ce qui apporte une vraie valeur.
DotWorld : Tu as aussi enseigné le web en IUT pendant trois ans. Qu’est-ce qui t’a donné envie de vivre cette expérience et qu’en retiens-tu aujourd’hui ?
Geoffrey : À ce moment-là, ça faisait déjà plusieurs années que j’étais en poste en agence. Même si j’aimais beaucoup ce que je faisais, j’avais envie d’essayer quelque chose de différent professionnellement.
J’ai donc recontacté mon ancienne école, sachant que mon profil pouvait les intéresser pour de l’enseignement. Il y avait aussi une dimension symbolique à revenir là où j’avais moi-même été formé.
Ce que je retiens surtout, c’est l’aspect humain. Voir des étudiant(e)s qui ne savaient pas trop pourquoi ils étaient là commencer à comprendre le web, à prendre confiance, parfois même à se découvrir une vraie appétence pour le développement… c’était très gratifiant.
Et puis enseigner m’a apporté quelque chose de précieux : la pédagogie. Expliquer un concept technique, le rendre clair, structurer ma pensée. Aujourd’hui encore, quand on me sollicite sur des problématiques complexes chez DotWorld, ça m’aide énormément.
"Mon side project c'est un laboratoire."
DotWorld : Tu travailles actuellement sur un side project, un registre de composants. Tu peux nous en dire plus ?
Geoffrey : Absolument ! C’est un projet que je partage librement et qui me sert de "laboratoire". L'idée est de transformer ma veille en outils concrets pour améliorer la DX (Developer Experience) au quotidien.
On a aujourd'hui des bibliothèques externes formidables, mais pour certains besoins récurrents, je ne trouvais pas de solution qui corresponde parfaitement à ma manière de travailler.
Prenons l'exemple de la gestion des icônes : il existe plein de solutions, mais elles imposent souvent des contraintes ou des dépendances qui alourdissent le build ou l'expérience. J'ai donc créé une solution inspirée de la philosophie de Tailwind : une approche plus fluide et intégrée, qui me débarrasse de ces frictions.
Ce qui me passionne, c’est cette logique d’artisanat : construire ma propre boîte à outils, l’affiner avec le temps, et disposer de briques robustes que je peux solliciter pour gagner en efficacité, que ce soit sur mes projets personnels ou professionnels. Si vous voulez jeter un œil ou me faire un retour, le lien est juste ici !
DotWorld : Comment vis-tu le travail en remote chez DotWorld ?
Geoffrey : Je le vis très bien. J’ai aménagé un grand bureau chez moi, conçu sur mesure, qui me permet de travailler dans de bonnes conditions. J’y ai même installé un second poste pour pouvoir accueillir régulièrement d’autres coworkers.
C’est une des solutions que j’ai mises en place pour maintenir du lien social. On travaille chacun sur nos projets, mais on partage les pauses, les échanges informels. Ça recrée une dynamique proche du présentiel, tout en gardant la flexibilité du remote.
"Le Walking challenge 2025 m'a permis d'intégrer la marche dans mon quotidien."
DotWorld : Impossible de terminer sans parler du Walking challenge 2025 que tu as remporté haut la main avec plus de 600 000 pas en un mois !
Geoffrey : C’était assez intense ! À la base, j’avais commencé à marcher à cause de douleurs au dos. Je faisais entre une et deux heures par jour et, au bout d’une ou deux semaines, les douleurs ont complètement disparu.
Le walking challenge est arrivé à ce moment-là, donc ça m’a motivé à garder le rythme… et même à l’accélérer.
Mais le plus intéressant, c’est ce que ça a déclenché ensuite. Ça m’a vraiment donné le goût de marcher. C’est devenu une habitude dans mon quotidien. Et pendant mes vacances, je me suis mis à faire beaucoup plus de randonnées qu’avant.